La fille au sax – premières lignes

Il y a quelque temps, j’ai participé avec d’autres auteurs de ma maison d’édition à l’écriture d’un recueil de nouvelles. C’est là qu’est née « la fille au sax » dont le titre a été emprunté à la sublime chanson de Michel Berger.

Les lectrices et les amies qui ont découvert cette nouvelle m’ont conseillé d’en faire une histoire, que ça pouvait donner quelque chose de sympa.

Je n’étais pas du tout dans cette optique mais j’ai gardé l’idée quelque part dans le fouillis de ma tête. Je ne voyais pas comment cette histoire écrite sur l’instant, basée sur une chanson pouvait trouver comme suite.

Pourtant, l’idée a fait son chemin et la vie m’a mis des coups, beaucoup.

Mes pensées rarement roses se sont encore plus obscurcies et j’ai repensé à cette histoire…

Et si, j’en faisais quelque chose, non pas de ces coups mais de cette noirceur.

Je vous en offre les premières lignes (attention c’est du texte brut et non corrigé).

La fille au sax

Le chauffeur me dépose devant la maison et me jette un dernier regard triste. Je lui souris, je fais la fière mais je tremble intérieurement. Je descends de la voiture, traverse l’allée et ouvre la porte le plus silencieusement possible.

Nous sommes vendredi et comme chaque vendredi Manolo, mon beau-père attend mon relevé de notes.

Sans un bruit, je pénètre dans la grande demeure, je traverse le salon espérant qu’il ne me verra pas, ne passe même pas saluer Dadou notre cuisinière et file directement dans ma chambre ; avec un peu de chance, je pourrais ressortir sans être vue.

— Ornella ? C’est toi ma belle ? prononce la voix que je déteste le plus au monde, tu n’as rien à me montrer ?

Je ne peux pas reculer et encore moins y échapper, sans soupirer, la punition serait pire, je reviens sur mes pas, ouvre mon cartable et lui tends mon relevé hebdomadaire sans le regarder.

Mes notes sont parfaites mais il y a cette mention, cette toute petite mention de bavardage. Je n’ai rien fait pourtant, j’ai juste demandé à ce crétin de Carl de cesser de m’importuner.

Il ouvre, regarde attentivement chaque ligne, tapote du doigt sur ce cahier et le bruit quasi inaudible est pour moi le son le plus bruyant de la terre. Son visage est impassible, mais je sais que je n’y couperais pas.

Un long moment après, il susurre ces quelques mots :

— Tu sais ce qu’il te reste à faire ? Ta mère rentre dans deux heures, il faut que je t’apprenne à te taire et à te tenir correctement. Comme la semaine dernière, à genoux sur ton lit face au mur. Je n’ai pas besoin de préciser que si tu portes le moindre vêtement, ta peine sera prolongée à chaque soir de la semaine, jusqu’à ton prochain relevé.

Je ferme les yeux et acquiesce sans un mot. D’ailleurs à quoi bon, il se servirait de chacun pour me faire du tort et abuser de la situation, pleurer serait encore pire, me plaindre ? Mon beau-père est un homme respecté dans les hautes sphères et je ne suis que la pauvre fille de sa femme, qu’il a adoptée à la mort de son père […]

 

Une nuit au casino

Straight flush poker

Quand tu reprends une histoire que tu avais laissée il y a plus d’un an.

Quand, par le plus pur des hasard, le début de celui ci correspond en tout point à la fin de celui que tu viens d’achever et à la suite que tu veux lui donner.

Tu refais un plan en mélangeant le tout, tu te plonges dans les failles et les faiblesses des précédents qui en fin de compte te servent bien. Et… une nuit au casino risque très fortement de devenir le tome 4 de la saga Marseille.

Le bonheur des autres – les lieux

Tout au long du roman, Lissandro et Esperanza vous font voyager dans Marseille.

Au delà des mots, c’est à mon tour de vous donner envie de les découvrir.

Bienvenue à Marseille.

 

Callelongue :

Déjà présent dans « le malheur des uns », c’est le coin d’Espéranza, on y trouve la fameuse « Voie sans Issue »

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La Corniche et la plage des prophètes

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Hotel Sofitel – Le pharo

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Souvenir de Stendhal – Rue Venture

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La Cathédrale de la Major

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Le Corbusier

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Place de l’Opéra

place de l'opéra

Notre Dame de La Garde

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Divers…

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A noter . Certaines de ses photos m’appartiennent, d’autres ornent sublimement mon mur FB tous les jours. Je remercie les auteurs du fond du cœur de chaque jour me ramener chez moi.

Si elles vous appartiennent et que vous ne désirez pas qu’elles apparaissent, un petit message et je les retire immédiatement.

Le bonheur des autres – Le lexique

Retrouvez les différentes expressions du livre et leur définition

Alibofis : Mieux connu en Français sous le nom de testicules. Tu me brises les alibofis : tu me casses les couilles. De suite, c’est plus poétique.

Aller au Chbeul (que les marseillais m’excusent pour l’orthographe) : le chbeul est le bout du monde, à gauche ou plus poétiquement (ouais, je me sens l’âme d’un poete) ça sera DTC à gauche. (je ne vous traduis pas le DTC, si ?)

Boulègue : Expression des gens pressés qui enjoint à se dépêcher. Souvent accolé au mot Collègue, pour la rime : « Oh boulègue Collègue ! »

Boulevard des allongés : Le boulevard des allongés est un endroit très spécial situé dans le quartier St Pierre. En fait, c’est le cimetière

Branque : raccourci (faudrait pas songer à se fatiguer non plus) de branquignolle. Un bon à rien ou un mauvais en tout.

Caramantran : traiter quelqu’un de caramantran est péjoratif, la plupart du temps, c’est un homme mal fagoté, qui a des vêtements mal assortis. Il existe une tradition (ouais c’est ma minute Jean Paul Olivier – vous ne savez pas qui c’est ? google is your friend) c’est durant le carnaval, de brûler son mannequin pour faire venir l’été.

Chapacan : il semble mais il n’est pas. Il a l’air intelligent mais il est con comme la lune. (faudra que je cherche d’où vient cette expression d’ailleurs, parce que pourquoi la lune ?)

Condés : communément appelé les forces de l’ordre ou police (il ya à ce sujet, un superbe passage dans Taxi 1 de Luc Besson où un jeune homme (Marco) les interpelle en pleine rue)

Encatané : Vous voulez de la poésie, j’en suis certaine, en gros un encatané, c’est quelqu’un qui va se prendre un corps étranger dans une partie de son anatomie. Un enculé quoi.

Envoyer le poisson : envoyer un poisson à quelqu’un ne veut pas dire, si tu t’ennuies, va voir le film « Le grand bleu », mais plutôt, bientôt tu feras partie de la grande bleue, tu auras un rôle essentiel, tu vas servir de repas. C’est bien le cycle de la vie, non ?

Escagasser (s’): je vous ferais bien de la poésie pour celui là, mais franchement, je ne vois pas. Alors pour la faire courte, comment ça abrège ? nanméo ! la définition d’escagasser est… tatatatan… Se fatiguer, se donner du mal… ouais, tout ça pour ça ! (ah oui, se faire escagasser, c’est se faire massacrer, mais ça on s’en fout ce n’est pas dans le livre)

Espaloufi : Tu marches, et là, tu vois un putain de canon (homme femme, c’est toi qui choisi, moi, j’explique) tu restes bouche bée… et hop, si t’es à Marseille, t’es espaloufi, magie de la poésie.

Estramasser : Dans la définition d’origine (ouais, ya des origines à ces mots, tu croyais quoi), c’est se faire très mal, en tombant mais aussi (et ça ce n’est pas dans la définition d’origine) qu’on te fasse très mal.

Être embarrassée : Ne peut être mis qu’au féminin, quoi qu’avec les progrès de la science, c’est une situation qui ne dure que neuf mois, uniquement. Renouvelable plusieurs fois. Mais oui, c’est ça, c’est être enceinte.

Faire fayo : alors là, c’est que t’as tout loupé. t’as rien trouvé, (t’es revenu brecouille comme on le dit dans le Bouchonnois – non, ce n’est pas de moi, tu as bien reconnu les Inconnus non ?). T’as fait fanny, t’as trouvé wallou, rien, nada…

Faire le mariole : ma copine (ouais j’ai des copines, tu crois quoi ?) dirait en français, tu fais le malin tu tombes dans le ravin, là, ça serait plutôt tu fais le mariole, tu tombes dans la rigole. C’est moins haut. Je t’explique en détail ? faire le mariole c’est faire le kéké, faire le beau, se faire remarquer quoi (pouah, il en faut des mots pour comprendre)

Fatche de : peut être suivi de plein de complément : fatche de con, de chichourle…un raccourci marseillo-marseillais. c’est une expression de surprise ou d’agacement, voir une lassitude.
Fifrelot : c’est un petit fifre, pas l’instrument de musique, on parle de l’homme maigrichon ! (enfin s’il est fifrelot, c’est vraiment très très maigrichon)

Gadji : Expression marseillaise récente pour désigner une fille, vient du parler gitan.
Interdit ! : Pour reprendre un chanteur méconnu que j’aime bien, je dirais pour ce mot : « mais non, ♪♫ mais non, ♪♫ mais non, ♪♫ c’est pas possible »

Jobastre : la folie se divise en plusieurs niveaux à Marseille : vous avez le fada (qui voit son féminin se décliner en fadade) et la jobastre. Un pas tranquille dans sa tête quoi…

L’an pèbre : Pour se baser sur le calendrier grégorien, l’an pèbre se situe au alentour des calendes grecques.

L’Évêché : Paris à son 36, Marseille son Évêché, c’est l’Hotel de Police de Marseille. Pour notre histoire, l’Evêché se trouve dans la rue perpendiculaire à la Cathédrale de la Major

La pile : Rien à voir avec les piles Wonder, si cher à Bernard Tapie, ni même aux lapins de Duracell. La pile c’est l’évier, souvent en fonte, parfois en céramique, mais qui dans tous les cas pèse un âne mort (expression qui veut dire que c’est très lourd).

Le ballon : regarder le ballon, regarder les résultats du ballon, c’est un moment sacré… Surtout si la veille y a eu un match de l’OM, oui, on parle bien du foot.

Maison poulaga : c’est la police, le commissariat et les policiers (ouais, on le trouve aussi dans Taxi 1)
Mastéguer : Frédéric Dard (le papa de San Antonio) l’avait défini comme mastiquer MAIS Frédéric Dard n’était pas marseillais (on peut pas être parfait). Et si tu te fais mastiquer à Marseille, c’est que t’es déjà bien abimé et que ton agresseur est un cannibale.
Mignonne : une mignonne est une femme que l’on aime, c’est un surnom. Rien à voir avec l’adjectif, c’est vraiment un nom.
Mis le ouaille / mettre le ouaï : ça tu sais ! non ? alors je t’invite obligeamment à écouter les Massilia sound système. Mettre le ouaï, ouaille ou oai signifie foutre le bordel.

Mon vier/mon vié : Le sexe de l’homme, il est bien imagé dans la célèbre citation : Mon vié, Madame Olivier, votre chien encule le mien. La poésie, il n’y a pas à dire… ça rend de suite les mots plus beaux.
Morfler : dans le niveau de douleur marseillais (ouais, je sais, on a des grades pour tout), morfler c’est avoir très mal après une jolie branloute (ok, je te donne la définition de branloute, joli mix entre la branlée et la déroute)
Nine : petite fille de bonne famille (ouais, celle là, elle est claire et nette)
Palabrer : je pourrais vous la faire courte, mais ça serait pas palabrer, ouais, quand on palabre, on parle on parle, on parle, encore et encore (c’est que le début d’accord d’accord, oups je m’égare)
Parle bien de la bouche : ça c’est clair comme de l’eau de source, si cher à Manon. Parler bien de la bouche c’est parler correctement, sans dire de grossièreté.

Pébron : personne toute rouge, on dira à Marseille qu’elle est bue (aucune faute, c’est une expression) bref, elle est bourrée quoi.
Pèguer : si tu pègues c’est que tu colles, donc soit t’as versé une substance collante, soit tu es un peu trop proche de quelqu’un, au point de l’ennuyer.
Pitchoune / pitchounette : très affectueux mots pour désigner des enfants.
Prendre le teston / manger le teston : petite leçon de vieux français, (waw, je suis généreuse avec vous). Autrefois, d’antan naguère, l’accent circonflexe, appelé aussi, petit chapeau chinois, correspondait à la lettre S (comme dans fenêtre ou vas y, tu l’as sur le bout de la langue, beurk, c’est dégueulasse comme expression, tête) donc dans teston, y a le S de vieux français de tête, conclusion se manger le teston ou se prendre le teston, c’est… je te le donne en mille Emile… se prendre la tête ! bingo !
Ramasser une radasse de par là : se taper n’importe qui, en général une cagole (la radasse, est une injure, une vraie et belle, ce n’est vraiment pas la fille qu’on souhaite pour son fils)
Rambler : être très sage, se tenir à carreau, ouais, c’est pas folichon.
Rouscailler : Ah ! La rouscaille, c’est quand on est pas d’accord et qu’on discute.

Santibelli : Dans la crèche provençale, en plus du couple de SDF, du bébé nageur, de la ménagerie et du trio de vainqueur (pardon je blasphème et ça ce n’est pas bien), figure le ravi ou le santibelli, il est là, il est content et il attend, quoi, il n’y a que lui qui sait.

Se faire une patrouille par là : si je dois la remplacer par une expression française (moche, je vous l’accorde) ça serait : va te faire voir chez les grecs.

Stockfischs : on me souffle dans l’oreillette, (bon je n’ai pas d’oreillette, mais ça pourrait !) que ce n’est pas que marseillais, dans tous les cas, un stockfisch, c’est un poisson tout maigre, desséché, le plus souvent une morue (tiens, ça me permet de faire un coucou à mes copines portugaises)

Tirer des sègues : Pour faire poli, on dira que c’est un moment spécial entre la main de l’homme et ses parties intimes. En moins poli, c’est se branler.

Tronche molle : Avoir la tronche molle, c’est avoir le cerveau vide et la tête creuse, s’applique bien évidemment, s’il existe un cerveau.

Voir la vierge : Alors là, rien à voir avec une quelconque inspiration divine, voir la vierge, c’est plus du genre, rêve pas, ça ne risque pas d’arriver.

Zou maï : Avance et plus vite que ça. En avant toute…

Vivre pour le meilleur

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Extrait :

— Mmmm… choupette, laisse-toi faire, souffle-t-il câlinement. Tu m’aimes, je… moi aussi, alors abandonne-toi, fais moi confiance.

— Non… soupiré-je, je ne veux pas. On ne se connaît pas très bien. Je… J’ai…

— Tu m’aimes ou pas ? s’agace-t-il.

— Oui, ce n’est pas à cause de toi.

— Non, en fait, tu ne m’aimes pas vraiment, puisque tu ne me fais pas confiance.

Je suis mal à l’aise, je ne veux pas lui céder. Même si je l’apprécie beaucoup, même s’il me fait totalement craquer, je ne suis pas prête. Je ne veux pas que ma première fois se déroule de cette manière, dans une voiture, un soir en rentrant d’une soirée sur la plage avec un garçon que je connais depuis peu.

Il m’embrasse à nouveau, tente de forcer ma bouche de sa langue et de glisser une main sous mon t-shirt pour caresser ma poitrine. Il bascule sur moi à mesure qu’il progresse dans sa conquête. Je suis coincée sous son corps de sportif, dans l’incapacité de bouger. Je sanglote une litanie de « Non » mais rien n’y fait, il refuse de me laisser en paix.

Nous sommes garés devant mon portail, la maison est calme et William va prendre ma virginité sans mon consentement.

***

Playlist :

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Vivre Pour Le Meilleur – Johnny Hallyday

Aline – Christophe

L’amour Que J’ai Pour Toi – Les Chats Sauvages

Sittin’on The Dock Of The Bay – Otis Redding

Something – Elvis Presley

Avoir Une Fille – Sébastien El Chato

Only You – The Platters

Alice – Eddy Mitchell

Rêver Quand Même – The Matador’s

Si Seulement Je Pouvais Lui Manquer – Calogéro

Parce Que Tu Sais – Les Chaussettes Noires

Magnolia For Ever – Claude François